Face aux tromperies et erreurs du contre-projet, la confiance des Vaudois-es doit aller aux initiatives !

A moins de 3 semaines du vote, le comité unitaire pour un salaire minimum cantonal dénonce les mensonges et tromperies des tenants du contre-projet et appellent les Vaudois-es à se baser sur les faits et expériences d’autres cantons, et des branches concernées.

Fausses allégations, mensonges, calculs non étayés voire erronés, refus de tenir compte des expériences d’autres cantons, confusion instaurée en invoquant le SMIC français, contestation de toutes les études scientifiques, écrans de fumée sur l’évolution des salaires des branches concernées, baisse du montant du contre-projet après le vote du Grand Conseil : le comité unitaire s’inquiète de la difficulté pour les Vaudois·es de voter sereinement et en connaissance de cause sur le salaire minimum cantonal. Pour Gabriella Lima, co-présidente du comité, « le débat autour du salaire minimum est aujourd’hui parasité par une accumulation de mensonges, tromperies et d’arguments qui relèvent davantage de la posture idéologique que d’une discussion sérieuse sur les conditions de vie des salarié-e-s dans ce canton. ». Le comité unitaire appelle à moins de trois semaines de la votation les Vaudois-es à se forger une opinion sur les faits et non sur les fausses informations distillées continuellement par les tenants du contre-projet.

Corriger les erreurs plutôt que les copier

Invité à faire part de son expérience de terrain, le secrétaire régional d’Unia Tessin Giangiorgio Gargantini a souligné les craintes infondées sur le salaire minimum étayée par une étude indépendante effectuée au Tessin et évoqué les erreurs commises par le premier salaire minimum cantonal tessinois. Très proche du contre-projet vaudois, ce système a montré des effets pervers en favorisant des conventions collectives dans l’unique but de contourner le salaire minimum cantonal. Afin de corriger ces problèmes, une nouvelle initiative pour un salaire minimum social a été déposée. Dans le cadre des débats parlementaires qui ont suivi, une unanimité politique s’est clairement dégagée ce printemps pour soumettre les conventions collectives au salaire minimum cantonal et revaloriser le montant du salaire minimum. Une nouvelle loi va donc entrer en vigueur, très semblable aux initiatives vaudoises. Pour M. Gargantini, « il ne fait pas sens d’opter aujourd’hui pour des méthodes qui ont échoué. ».

Le Président de l’Union syndicale jurassienne Dominique Hausser souligne que des constats négatifs similaires ont été tirés de la loi jurassienne. Les principaux problèmes relevés sont le montant trop bas du salaire, un mécanisme d’indexation salarial en mains politique, discrétionnaire et inefficace contre la pauvreté. Une initiative est en cours de récolte actuellement pour assurer une indexation automatique et garantir la primauté du salaire minimum cantonal si le salaire prévu dans une convention collective ou un contrat type est inférieur au salaire minimum cantonal. Face à l’enjeu de la votation vaudoise et pour éviter des inégalités intercantonales, Dominique Hausser appelle « à une plus grande cohérence de la Suisse romande en s’alignant tous sur la logique déjà imprimée par les cantons de Genève, Neuchâtel et désormais lancée dans le Jura ».

La primauté des CCT : une absurdité

La primauté des conventions collectives prévu dans le contre-projet est un dispositif proprement discriminatoire en assurant pas à tou-te-s les salarié-e-s un revenu décent pour vivre. Cela contredit le but de politique sociale qui fonde la légitimité même du salaire minimum cantonal selon la jurisprudence du Tribunal fédéral. Cette primauté cause de plus des absurdités et des inégalités insoutenables entre entreprises d’une même branche. A titre d’exemple, dans la vente à Lausanne, dans la sécurité privée ou dans les blanchisseries vaudoises, les grandes entreprises, soumises à des CCT, pourront payer des salaires plus bas que les petits commerces, non soumis, qui devront payer le salaire minimum.

De plus, le Conseil d’Etat pourtant tenu par la Constitution à assurer l’égalité entre femmes et hommes, tait allégrement que son contre-projet exclut une majorité de femmes de toute revalorisation salariale, en raison de l’exclusion cumulée de CCT et CTT couvrant des secteurs féminisés.

Contre-projet : un montant qui descend

Nicole Vassalli, responsable de secteur à Unia Vaud, a dénoncé les propos mensongers proférés par la Conseillère d’Etat Isabelle Moret sur le montant du salaire minimum. La brochure éditée par le Conseil d’Etat mentionne clairement un salaire horaire pour 2027 au moins 60 centimes plus bas que les initiatives, soit plus de 100 francs de moins par mois que les initiatives. La Cheffe de l’économie vaudoise cherche à induire les citoyen-ne-s en erreur dans l’édition de « 24 heures » d’hier en évoquant que le montant de départ serait le même. « 100 francs de plus ou de moins pour des travailleurs pauvres, ce n’est pas anodin ; quel mépris social de la part d’une élue au Conseil d’Etat de considérer que 100 francs ne valent rien ! ». Au-delà de cela, alors que le comité d’initiative a fourni tous les détails sur son calcul, jamais le Conseil d’Etat n’a mentionné comment il arrivait à CHF 23.- en 2027.

A court d’arguments, c’est la confusion que le patronat cherche à semer chez les votants lorsque, pour vanter les CCT, ils mentionnent l’évolution des salaires moyens en cachant celles des salaires minimaux ; ils confondent allégrement l’évolution du salaire nominal et du salaire réel, et taisent les branches comme la restauration où il a fallu traîner Gastrosuisse devant le tribunal juste pour obtenir une maigre indexation des salaires au coût de la vie. Et ce sont ces personnes qui vantent le partenariat social devant les caméras !

Ne nous Fillon pas au SMIC !

A court d’argument sur les projets suisses qui ont montré leur efficacité documentée, les tenants du contre-projet affichent leur opposition au SMIC et mettent en avant les risques d’alignement des salaires vers le bas. S’ils trompent allégrement l’électeur par leur mot d’ordre, les milieux patronaux dénoncent en réalité un instrument introduit par les lobbys patronaux français et mis en œuvre par l’ancien premier ministre François Fillon introduisant des charges patronales au rabais pour les employeurs engageant au niveau du SMIC. Si la droite vaudoise a raison de dénoncer ce mécanisme qui aligne trop de salarié-e-s sur le SMIC, rien ne rappelle ce mécanisme ni dans nos initiatives, ni dans les systèmes en vigueur en Helvétie, et même ailleurs en Europe. Preuve en est les effets positifs du salaire minimum en Grande-Bretagne et en Allemagne, avec un effet de levier positif sur les salaires. Bien plus grave, le contre-projet introduit un effet pervers en encourageant les employeurs à signer des CCT en-dessous du salaire permettant de vivre dans le simple but de déroger au salaire minimum cantonal…

L’Etat ne peut pas donner de fausses informations dans une campagne de votation !

Si les fausses informations distillées par le patronat vaudois étaient attendues, les propos mensongers de la Conseillère d’Etat Moret mettent en cause la probité de l’Etat dans cette campagne de votation. Le comité unitaire demande donc formellement à la Conseillère d’Etat de corriger ses propos par correction vis-à-vis de la population.